Action TSAF - Prévention Alcoolisation Foetale

Témoignage SAF : j’ai un SAF et je suis également TDAH

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Quand des gens, professionnels de santé ou simples citoyens doutent du fait que j'ai fait un SAF, "car ça ne se voit pas alors qu'avec toutes ces pathologies hein ?!". Je leur réponds qu'à mon âge, être sans aucun parcours professionnel, aucune expérience, sans famille ni amis et avoir vécu toute ma vie au RMI/RSA ne peut être dû qu'à ce syndrome, ou à une autre pathologie psychiatrique. Mais, comme tout le monde me considère comme normal, même les psys... Au delà de l'AAH, être handicapé m'offre aussi un statut de vie et peut me servir quand je ne sait pas quoi répondre à la sempiternelle question : "Vous faites quoi dans la vie ?".

 

 

Je suis né en 1962. Mon père est décédé en 1996, ma mère en 2004. J'avais, avec mes parents, une quarantaine d'années de différence, 60 avec mes Grands parents maternels ; mon arrière Grand-père était le bistrot du village.

 

En janvier 2004, j'ai fais une cure de trois mois pour arrêter l'alcool. Six mois après, j'ai arrêté de fumer (40 cigarettes/jour). Depuis, j'arrive très difficilement à photographier, mais, je sait encore plus apprécier le travail des autres.

Un an après, j'ai arrêté le Séresta que je prenais depuis 2002, pour tenter un sevrage alcoolique. Je n'ai jamais re-consommé ces produits bien que la tentation soit toujours présente, (le simple fait de sentir la fumée d'une cigarette me fait rechercher mon paquet dans mes poches).

 

En 2009, apprenant que la loi sur le handicap de 2005, notamment la reconnaissance psychique, était enfin entrées en application, j'ai fait les démarches auprès de la MDPH. Depuis je perçois l'AAH mais ne suis pas en invalidité. En même temps que je faisais mes recherches, j'ai découvert que les conditions rocambolesques de ma naissance, étaient les points de concordance du SAF.

 

Quand j'ai découvert cela, c'est tout un puzzle qui s'est mis en place. Je comprenais, enfin, pourquoi ma vie avait été toujours si compliquée. Je n'étais pas un buveurs excessifs, j'étais déjà dépendant.

 

Le SAF est un handicap caché. Je suis également TDAH.

 

Je n'ai pratiquement pas travaillé, malgré de nombreuses recherches et les périodes d'essais finissaient vite.

 

Actuellement, je suis suivi par le CMP pour l'absence de vie sociale liée à l'arrêt de l'alcool ;  quand au SAF, ils ne savent pas le prendre en charge. Je documente régulièrement par email en espérant que cela serve, mais ceux-ci sont bloqués par l’hôpital centrale depuis plusieurs années maintenant. J'ai demandé à mon médecin de renforcer ce suivi par une ALD : troubles anxieux graves.

 

Le SAVS qui me suivait depuis 2009 a décidé d'arrêter sa prise en charge fin 2015, mes besoins ne correspondant pas à leur missions. J'ai contesté la décision et une prolongation de 6 mois a été décidée, pour trouver une solution (juin 2016). Un suivi avec les petits frêres des pauvres m'a été proposé sans plus de précision ; je ne rentrais plus dans les attributions médicales du SAVS. 

Finalement, le suivi a été reconduit avec la même référente ; un aménagement de visite à domicile et l’arrêt de sollicitations poussant à se sociabiliser. Ce mode d’accompagnement a servi de modèle ; une dizaine de personnes en bénéficient maintenant.

 

Mon médecin généraliste me comprends bien. Il m'a dit, en 2009, que "j'avais de la chance", car il avait déjà diagnostiqué "UN SAF" dans sa carrière.

 

En octobre 2015, j'ai renouvelé ma demande d'AAH. Pas plus le SAF, que le TDAH n'est évoqué, car ils ne sont pas pris en considération par la MDPH.

 

Début janvier 2020, le psychiatre du CMP dont je dépend, après m'avoir informé de son départ de la structure, a estimé que j'allais bien et qu'il n'était pas nécessaire de continuer de suivi ; 6 mois après, le SAVS m'a dit la même chose, avec beaucoup moins de ménagement. Entre-temps, ils m'avaient fait signer un nouveau contrat qui était inapplicable, au vu de ma situation... qu'ils connaissent depuis 2009.

 

Je dois maintenant renouveler ma demande d'AAH seul.

 

En septembre 2021, ma demande d'AHH a été finalement acceptée grâce au SAMSAH, venant d'être créé dans la localité voisine. Au début, il m'a intégré avant l'acceptation par la MDPH. Sans lui, je n'aurais jamais pu faire valoir mes droits ;  mon problème étant que je ne sais pas exprimer mes besoins, seul ; ce que la MDPH ne comprend pas.

 

 

J-D



23/10/2021
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